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le jeudi 6 mai 2010

AUTOMOBILE | Le groupe Renault nomme un nouveau directeur pour sa politique de sécurité routière

Jean-Yves le Coz, médecin de formation et présenté par le constructeur automobile comme un de ses meilleurs experts en la matière, était mardi de passage à Bordeaux

Bordeaux Actu – Quel est votre rôle au sein du groupe ?

Jean-Yves le Coz : C’est un poste au sein d’une direction dédiée à la politique sociale de l’entreprise, ce qu’on appelle le développement durable. Nous travaillons sur des problématiques d’éducation en s’interrogeant sur les compétences, à la façon de former les lycéens aux métiers de l’automobile et donc à la sécurité des véhicules.

Bordeaux Actu – Sur quoi porte précisément votre métier ?

Jean-Yves le Coz :

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Jean-Yves Le Coz, un expert en biomécanique des chocs
Photo Bordeaux actu - Stéphane Moreale

Mon métier, c’est de me demander pourquoi il y a des accidents. Renault est un pionnier en matière de sécurité des véhicules. Le groupe a développé les premiers crash-tests dès les années 60. Nous avons créé une nouvelle discipline, l’étude de la biomécanique des chocs : quels sont les mécanismes de blessures ? J’ai donc deux responsabilités essentielles : celle des études sur les systèmes de sécurité de nos voitures et puis une autre, stratégique.

Bordeaux Actu – Qui sont vos interlocuteurs ?

Jean-Yves le Coz : Les pouvoirs publics, le secrétaire d’État aux transports, le ministère de l’Industrie, de l’Intérieur, les Automobile Clubs aussi.

Bordeaux Actu – Quels sont les nouveaux enjeux en matière de sécurité routière ?

Jean-Yves le Coz : Faire de la sécurité automobile n’est pas compliqué quand on construit une voiture à 20.000 euros. Cela l’est beaucoup plus quand on en fait une à 7.000 euros. Mais tout le monde à droit à la sécurité. Euro NCAP, qui teste toutes les voitures et attribue aux marques des notes jusqu’à 5 étoiles a couronné 12 de nos véhicules. Renault est la seule marque dans ce cas. Ceci dit, on n’aura pas les mêmes garanties de sécurité sur un véhicule fabriqué en Roumanie et sur un autre fabriqué en France. Tout simplement parce que dans les pays à faible pouvoir d’achat, les consommateurs n’ont pas les moyens d’acheter une voiture 5 étoiles Euro NCAP ! Notre but est donc de trouver le meilleur compromis possible entre le prix du véhicule et le nombre d’étoiles. Ce compromis est fixé à 4 étoiles. Mais ce type de véhicules, comme la Sandero, sont aujourd’hui aussi demandé par nos clients français.

Bordeaux Actu – Qu’est-ce qui a permis, jusqu’ici, à Renault d’éviter ce qui vient d’arriver récemment à Toyota, contraint de rappeler plusieurs milliers de véhicules ?

Jean-Yves le Coz : On assure le contrôle continu des process de fabrication. Nissan nous a beaucoup apporté sur le point. L’automobile est d’ailleurs aujourd’hui l’objet technique le plus réglementé et standardisé, dans les domaines de la sécurité et le respect des normes environnementales.

Bordeaux Actu - Mais on continue à concevoir des véhicules puissants. N’est-ce pas contradictoire avec des objectifs de sécurité optimale ?

Jean-Yves le Coz : Honnêtement, si on bridait les moteurs, on n’aurait plus de clients ! Maintenant, admettons que l’on bride la voiture à 130 km/h [vitesse maximale autorisée sur autoroute NDLR]. Qu’est-ce qui m’empêcherait de rouler à 120 km/h sur une route départementale ? Renault et PSA sont les seuls constructeurs à avoir installé un limiteur de vitesse sur leurs modèles. Il existe aussi aujourd’hui des systèmes automatiques de limitation de vitesse, qui sont fonction du type de route. Le GPS signale le type de route, nationale ou autre, analyse la position de la voiture et le limiteur fixe la vitesse sur celle autorisée. Problème : cela nécessite un contrôle qualité de la signalisation routière, qui n’existe pas aujourd’hui. La maîtrise de la limitation de la vitesse n’est pas technologique mais administrative.

Bordeaux Actu – Vraiment ?

Jean-Yves le Coz : C’est aussi un problème de comportement. Les limiteurs de vitesse sont de plus en plus demandés par les consommateurs. Et, depuis qu’on a tapé au portefeuille, les comportements des conducteurs évoluent. Le contrôle-sanction s’est beaucoup développé en Espagne par exemple. Ceci dit, ne nombre de voitures impliquées dans un choc avec une vitesse supérieure à 130 km/h avant impact est inférieur à 3% ! le vrai problème n’est donc pas la vitesse potentielle du véhicule mais le respect de la vitesse réglementée. C’est rouler à 70 km/h quand c’est exigé.

Bordeaux Actu – Renault a aussi mis en place un programme de prévention.

Jean-Yves le Coz : Oui, dès 2001, nous avons lancé un programme d’éducation à la sécurité routière. Cela concerne 24 pays dans le monde, comme la Corée, la Russie ou le Maroc. 11 millions d’enfants le suivent chaque année. Il est considéré d’intérêt public. Dans le primaire par exemple, la pédagogie est conçue avec les enseignants. Dans les collèges les ados sont invités à concevoir l’affiche d’une campagne de prévention routière, en coordination avec l’agence Publicis. La meilleure affiche est reprise dans une campagne nationale de prévention.

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