Nous avons présenté les Journées Européennes de la Gastronomie. Elles se tiennent du13 au 19 juin 2009, à Oloron Sainte-Marie au cœur des Pyrénées Atlantiques et
s’intègrent dans le programme européen GASTRA visant à promouvoir la gastronomie du Sud Ouest de l’Europe et le tourisme gastronomique, instrument de développement durable.
Goût et esthétique. Le programme européen associe, à coté du Piémont oloronais, les régions de Valence, Séville, Jaen, Cordoue, Ténerife et Porto. Il permet à chacune de mettre à l’honneur ses meilleurs produits. A Oloron, ceux d’Aquitaine bénéficieront du “Comptoirs des Saveurs”, réalisé en partenariat avec l’AAPrA (Association Aquitaine de Promotion Agroalimentaire).
A l’occasion de ces Journées, l’Office de tourisme du Piémont Oloronnais
institutionnalise le Concours International de Photo Culinaire. Ce lundi 15 juin, quatorze équipes sont en compétition. Elles seront départagées par un jury que préside Pierre Hermé, pâtissier désormais connu de tous les gourmands. Ce concours, seul existant dans sa catégorie, est appelé à un succès croissant car il comble une réelle lacune dans un secteur en pleine expansion. Difficile, en effet, de parler de gastronomie sans illustrations photographiques. Les « beaux livres » et certaines revues spécialisées, telles Thuries-gastronomie-magazine, Le saisonnier culinaire, Saveurs ou Elle à table nous ont habitués à des illustrations qui, en elles-même, sont de vrais tableaux et il se dit que des stylistes spécialisés interviennent auprès des grands chefs comme auprès des photographes, pour parfaire l’esthétique des présentations.
Nicolas Magie, La Cape et les photos de Pascal Spitaels. C’est un
plaisir, autant qu’un devoir, d’apporter un plein soutien et nos encouragements à notre champion, au chef qui défend les couleurs bordelaises dans la compétition, Nicolas Magie du restaurant la Cape à Cenon. Ce n’est pas seulement un chef exceptionnel, c’est aussi une personnalité humaine d’une très grande richesse. L’histoire de son installation à Cenon par fidélité à la mémoire familiale et en souvenir de l’établissement que ses parents tenaient aux Quatre Pavillons (d’avant l’échangeur) le montre bien, comme le confirment ses nombreuses initiatives pour permettre aux plus démunis de profiter, au moment des fêtes, du bonheur de la grande cuisine.
Sa participation au concours d’Oloron en est une autre manifestation. C’est très largement par amitié pour Pascal Spitaels qu’il s’est inscrit. Exception dans le concours, Pascal n’est pas un professionnel de la photo. C’est un passionné avec d’autres activités à Périgueux mais peut-être est-il sous l’influence du Salon International du Livre Gourmand que la ville organise chaque année
paire. Tous deux ont déjà réalisé de superbes photos … pourquoi ne donneraient-elles pas naissance à un livre … n’en parlons pas encore, rien ne serait décidé, ni même évoqué peut-être .. même si cette suite logique vient immédiatement à l’esprit.
Gastronomie et développement durable. Pour le concours, sans trahir de secret, on croit savoir que Nicolas Magie déclinera un thème autour du thon rouge. Que l’on se rassure quant au choix de ce produit dont l’excellence entraîne une surpêche mettant en danger l’espèce (on sait que, sans tomber dans l’excès de certaines associations qui préconisent un boycott, il nous est recommandé de limiter le nombre de fois que nous consommons ce poisson). Nicolas Magie a pris toute les précautions quant à ses fournisseurs. Ceux-ci garantissent le plus grand respect de tous les mécanismes destinés à permettre la
reconstitution du stock de géniteurs. Oui, le développement durable est également un objectif pour les gastronomes.
Au demeurant, la qualité des produits est le souci permanent du chef Cenonnais, ainsi qu’un réel sujet d’inquiétude pour lui. Selon ce qu’il observe au quotidien, le nombre des fournisseurs de produits de qualité diminue de manière préoccupante. Ce qui, selon nous s’accompagne d’une forte pression par les coûts, du moins pour les restaurateurs qui, par respect du métier, conservent l’exigence de qualité du produit. Les fournisseurs, moins nombreux – et traités, par les médias, presque à l’égal d’artistes - exigent désormais, et c’est normal, d’être rémunérés à hauteur de leur qualité. La contrainte devient particulièrement forte pour des établissements attentifs au niveau de leurs prix. Or, La Cape est connue de tous les gastronomes comme offrant le meilleur rapport qualité/prix de France.
C’est aussi la préservation de la qualité qui explique la participation de l’association Slowfood. Celle-ci, par
l’intermédiaire de son antenne béarnaise, dira les mérites du « greuil » et peut-être trouvera-t-elle, prés du « comptoir des saveurs », de nouveaux produits pour son « Arche du Goût », à l’instar de la Pêche Roussane de Monein et du Haricot-maïs du Béarn, voire des « sentinelles » à promouvoir, ainsi qu’elle fait pour les « Fromages d’Estive des Pyrénées Béarnaises ».
Souhaitons plein succès aux Journées et pour Nicolas Magie et Pascal Spitaels une récompense à hauteur de leur talent.





















