
- De gauche à droite : Bruno Millet, responsable communication de la Chambre Régionale d’Agriculture - Bernard Artigue, Président de la Chambre d’agriculture de la Gironde - Dominique Graciet, Président de la Chambre d’agriculture des Landes et Président de la Chambre Régionale - Jean-Pierre Reynaud, Président de la Chambre d’agriculture de la Dordogne - Pierre Lusinsky Directeur de la Chambre Régionale
- Photo Bordeaux Actu - Bernard Lamarque
« Sortir de la conjoncture actuelle, inquiétante pour le secteur de l’agriculture », c’est ce que veux absolument Dominique Graciet, Président de la Chambre régionale d’agriculture Aquitaine (CRAA) et Président de la Chambre d’agriculture des Landes. Car les difficultés s’accumulent pour les producteurs : commercialisation difficile, coûts de productions incompressibles, les dégâts de la tempête Klaus, l’évolution de la politique agricole commune (PAC)... Résultat, des agriculteurs qui « ne peuvent se donner un salaire à la fin du mois : même s’ils voulaient ils ne pourraient pas continuer comme ça ! »
Vers une disparition de la production laitière en Aquitaine ?
Dominique Graciet fait le point : « l’an dernier le prix payé au producteur était de 350€ la tonne contre 220€ seulement cette année, du à la concurrence des pays de l’Est, or ce prix est inférieur aux coûts de production français ».
La grande distribution maintenant ses prix, « empêche la quantité de vente d’augmenter pour compenser le faible revenu par litre des producteurs qui a baissé de 30% alors que le consommateur ne voit rien venir ». Jean-Pierre Reynaud, Président de la Chambre d’agriculture de la Dordogne est d’accord pour une conférence régionale sur ce sujet. Il s’annonce « moyennement optimiste » sur le fait de pouvoir garder la filière du lait en Aquitaine : « la disparition des quottas par territoire, qui ont permis de préserver un marché pour l’Aquitaine, s’ajoute à des producteurs déjà en difficulté ». Dominique Graciet, lui, pointe du doigt l’urgence d’une politique de défense de la production de lait : " il faut des aides de trésorerie, passer les barrières européennes et françaises sera difficile et si on échoue c’est la mort de certaines exploitations ». Et par effet domino, si trop d’étables stoppent leur production ce sont les exploitations restantes qui en pâtiront.
Revoir les priorités au niveau régional pour restaurer l’équilibre
Dominique Graciet prône une adaptation de l’offre au marché
« il faut remettre en cause la manière de produire en fonction de l’attente sociétale et cela passe par une qualité adapté ». Bernard Artigue, Président de la Chambre d’agriculture de la Gironde dénonce : « un AOC à moins de 3€ ? ». Non, il faut développer des stratégies adaptées au marché et non vouloir baisser les prix de produits de qualité qui « méritent leur label et le respect de leur travail ». Il cite un exemple : « l’Aquitaine a voulu en 2000 mettre toute la production de foie gras sous IGP avec un effort de cahier des charges de qualité, en 2003 la stratégie a changé car une moitié de la population, faisaient passer le prix avant la qualité dans leur choix ». Le président de la CRAA propose également des pistes : pas de gaspillage de l’eau, besoin d’embaucher, ne pas perdre du foncier et mieux gérer les forêts, les questions d’écologie et de bien-être animal : « on verra ça dans un deuxième temps, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs » ajoute t-il, un peu moqueur.
En conclusion, le secteur agricole ne s’en sortira au niveau mondial que grâce à la recherche : « on a la matière première, il nous manque les idées ».
















